Avec leur budget marketing moindre, leurs ressources humaines limitées et leur notoriété à développer, les PME partent rarement favorites face aux grands groupes. La bataille est pourtant loin d’être perdue, car sur le terrain de l’expérience client, le rapport de force a souvent tendance à s’inverser. Ce que les grandes entreprises achètent à prix d’or, à l’instar de la proximité, de l’authenticité et de la réactivité, fait généralement partie de l’ADN des PME. Comment faire pour réussir à capitaliser sur ce levier pour en faire le différenciateur qu’il se doit d’être ? Nos réponses dans ce guide complet.

1. Pourquoi l'expérience client est un levier de différenciation stratégique pour les PME

A. Les atouts naturels des PME face aux grands groupes

Les PME ne peuvent pas s’imposer face aux grands groupes en termes de volume, mais ont toutes les armes pour y parvenir sur le plan du relationnel. Par nature, elles ont des avantages dont elles peuvent tirer parti pour se démarquer par leur relation et leur expérience client, ce qui joue en faveur de leurs performances, de leur notoriété et de leur pérennité.

Le premier de ces atouts est leur agilité décisionnelle, puisqu’à la différence des multinationales qui doivent mobiliser de nombreux décisionnaires pour modifier un process client, les PME peuvent ajuster leur réponse en un temps bien plus limité. Cette capacité à réagir rapidement à une insatisfaction, à de nouvelles attentes ou à un pic d’activité bénéficie directement aux clients.

Les PME peuvent aussi faire preuve d’une plus grande proximité, sans que cela ait l’air d’une pure posture commerciale. Il n’est pas rare que les dirigeants connaissent leurs clients, échangent directement avec eux, et incarnent même la promesse de la marque. Ce positionnement crée ce qu’aucun script de service client ne peut reproduire, à savoir une relation de confiance authentique, au sein de laquelle l’humain a une place privilégiée.

La marque Michel et Augustin illustre parfaitement cette proximité dont elle a fait un modèle, avec des fondateurs visibles, accessibles, qui ont construit leur relation client sur l’humour et la sincérité. C’est également le cas de Relais & Châteaux, qui a bâti une réputation mondiale sur l’excellence d’une expérience profondément humaine et personnalisée, portée par des équipes à taille humaine dans chaque établissement.

Ce que ces deux exemples ont en commun, c’est qu’ils créent de l’émotion. Celle-ci naît d’attentions bien réelles, telles qu’un prénom retenu, une préférence anticipée ou un geste inattendu au bon moment, qui véhiculent un fort sentiment de considération. Par essence, les PME peuvent bien plus facilement introduire ces éléments dans leur expérience client, à condition bien sûr d’en faire le choix stratégique et de s’en donner les moyens.

B. Ce que l’expérience client rapporte concrètement à une PME

Les atouts relationnels des PME peuvent se traduire en résultats tangibles, ce que démontrent d’ailleurs deux études :

  • D’après McKinsey, les entreprises qui personnalisent leur expérience client tirent 40 % de leurs revenus en plus grâce à la personnalisation ;
  • Selon Epsilon, 80 % des consommateurs déclarent préférer les marques capables de leur proposer une expérience adaptée à leurs attentes.

Ces préférences et ces écarts de performance ne sont pas anodins à l’échelle d’une PME. Ainsi, la fidélisation est le bénéfice le plus immédiat et l’un des plus rentables, car acquérir un nouveau client coûte en moyenne sept fois plus cher que d’en conserver un. Pour une PME aux ressources limitées, investir dans l’expérience client pour retenir ses clients est donc l’un des meilleurs moyens de protéger la marge et de développer le chiffre d’affaires.

Un autre bénéfice est qu’un client satisfait a tendance à le faire savoir, tout en sachant que le bouche-à-oreille est l’un des vecteurs d’acquisition les plus puissants dont dispose une PME. Une expérience mémorable se raconte et se partage spontanément, ce qui peut donner envie à d’autres personnes de la vivre à leur tour, et contribue bien sûr au développement de la notoriété de la marque.

Il est enfin à noter que l’expérience client agit sur la perception de la valeur. Une PME reconnue pour la qualité de sa relation client peut pratiquer des tarifs légèrement supérieurs sans que cela ne constitue un frein à l’achat, puisque les clients se sentent bien traités, et qu’ils sont donc prêts à payer pour préserver cette relation. Ce « pricing power » constitue un avantage significatif dans les périodes de guerre des prix, ou lorsque la pression concurrentielle s’intensifie.

2. Les 3 piliers d'une expérience client exceptionnelle en PME

A. Connaître ses clients en profondeur grâce à une vue 360°

Pour tirer profit des atouts relationnels précédemment évoqués, il est primordial de savoir précisément à qui l’on s’adresse. La proximité et l’authenticité ne s’avèrent pas suffisantes si les équipes manquent d’informations fiables sur les clients, ou si elles n’y ont pas accès. Le constat est cependant contrasté pour les PME à ce niveau :

  • Selon une étude menée par Capterra, seules 27 % d’entre elles utilisent un CRM pour gérer leur relation client ;
  • D’après nos chiffres, 56,3 % n’ont pas accès à l’historique complet des échanges avec leurs clients.

Un paradoxe courant ressort ainsi de manière flagrante, celui de PME qui entretiennent une relation chaleureuse avec leurs clients, mais dont les équipes travaillent plus ou moins à l’aveugle faute de données centralisées. Un conseiller qui ignore qu’un client a déjà contacté le service client deux fois pour le même problème, ou qui ne connaît pas ses préférences d’achat, n’est pas en mesure de proposer une expérience personnalisée.

La centralisation des données clients est donc le point de départ de toute bonne stratégie d’expérience client. Une fiche client unifiée, qui regroupe l’historique des interactions, les préférences, les achats passés et les éventuelles insatisfactions, permet à chaque collaborateur de disposer du même niveau d’information lors des échanges. Le client n’a plus à se répéter, et la relation gagne immédiatement en fluidité et en cohérence.

Cette vue à 360° des clients n’est pas réservée qu’aux grandes structures dotées de moyens importants, elle est accessible à toute entreprise qui choisit les bons outils, et qui prend soin de les alimenter correctement. Par ce biais, la connaissance client devient un actif partagé par toute l’entreprise, et l’un des principaux socles d’une expérience client qui porte pleinement ses fruits.

B. Humaniser chaque interaction sur les bons canaux

Avec une bonne connaissance client, l’un des segments complémentaires sur lesquels les PME peuvent creuser l’écart avec les grands groupes est celui de la qualité des échanges. Pour ce faire, l’idée n’est pas de chercher à reproduire leurs modèles, mais justement de faire exactement l’inverse.

Les grandes structures ont en effet massivement automatisé leur relation client, un choix qui répond à des impératifs de volume. Cela a néanmoins pour tort de très souvent créer une expérience froide et impersonnelle, qui laisse au client le sentiment de n’être qu’un numéro parmi d’autres. Les PME ont alors comme avantage compétitif de pouvoir faire de l’humain leur standard, pendant que les grandes entreprises ont trop tendance à en faire l’exception.

Cette approche implique de concentrer ses efforts au bon endroit, car vouloir être présent à tout prix sur tous les canaux crée un effet de dispersion, et dégrade la qualité de chaque point de contact. Il est préférable d’identifier les deux ou trois canaux qui sont les plus utilisés par les clients, et de les maîtriser parfaitement.

Le choix des canaux de communication prioritaires dépend directement de la typologie des clients. Une clientèle B2B aura tendance à privilégier l’email et le téléphone, alors qu’une clientèle plus jeune, habituée aux interfaces digitales, sera davantage à son aise via le live chat ou les réseaux sociaux. Ce n’est pas à la PME d’imposer ses canaux, mais à elle de s’adapter aux usages de ses clients.

Quand ces canaux ont été définis, il est primordial de veiller à la cohérence du ton et du niveau de service sur chacun d’entre eux. Cette harmonisation de la communication joue un rôle prépondérant pour ne pas instaurer de forme de déséquilibre dans la relation client. Un outil de gestion qui permet de centraliser l’ensemble des interactions, quel que soit le canal, est nécessaire pour garantir cette pertinence, et donne l’assurance que chaque collaborateur dispose du même contexte.

C. S’équiper des bons outils et mesurer pour progresser

Les critères déterminants pour choisir le bon outil de relation client sont sa simplicité de prise en main, sa dimension collaborative, et sa capacité à évoluer en parallèle de l’activité. Un outil peu modulable ou trop complexe finit toujours par être contourné, ce qui anéantit les bénéfices qui en étaient attendus. Il est primordial que le CRM ou l’outil choisi serve la relation client et en simplifie sa gestion.

Plus que se doter de la bonne solution, il faut également en mesurer les effets. Plusieurs KPI peuvent ainsi être suivis :

  • Le CSAT (Customer Satisfaction Score), pour mesurer la satisfaction à chaud, après une interaction ;
  • Le NPS (Net Promoter Score), qui évalue la propension des clients à recommander la marque ;
  • Le taux de résolution au premier contact, qui indique la part des demandes résolues sans qu’un client ait eu besoin de recontacter le service ;
  • Le délai de réponse moyen, un indicateur de la réactivité qui pèse directement sur la satisfaction.

Suivre régulièrement ces indicateurs permet d’identifier les points de friction, d’ajuster les pratiques, et de progresser continuellement. Il peut ainsi être intéressant de mettre en place des campagnes de satisfaction automatisées afin de collecter simplement et efficacement ces données, le tout sans alourdir les équipes avec des tâches supplémentaires.

easiware, la solution toute désignée

easiware est un outil de gestion de la relation client conçu pour répondre aux besoins des PME et des ETI. Simple à prendre en main, collaboratif et évolutif, il permet de centraliser l’ensemble des interactions clients sur une plateforme unique, quel que soit le canal. Il intègre des fonctionnalités natives de mesure de la satisfaction, et offre la possibilité de déployer des campagnes automatisées sans développement technique.

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3. Passer à l'action : comment déployer une stratégie d'expérience client PME

A. Les erreurs fréquentes à éviter

Construire une excellente expérience client prend du temps, et certaines erreurs peuvent très vite venir mettre à mal les actions et les efforts consentis. Celles qui sont les plus fréquemment commises par les PME, et qu’il est essentiel d’anticiper pour les éviter, sont ainsi :

  • Le surinvestissement dans la technologie au détriment de l’humain : une PME qui consacre l’essentiel de son budget à la technologie sans investir dans son capital humain se retrouve avec des outils bien configurés, mais avec des interactions décevantes. La technologie doit venir en soutien de la relation client, pas en remplacement.
  • Le manque de formation des équipes : un collaborateur qui ne connaît pas les attentes de ses clients, qui n’a pas les bons réflexes pour gérer une situation délicate, ou qui n’utilise qu’une partie des fonctionnalités de son outil, est un frein à la qualité de l’expérience client. La formation doit donc être un effort continu, puisqu’elle conditionne la qualité du service rendu.
  • La négligence de la culture client en interne : l’expérience client est le résultat de tout ce qui se passe dans les équipes, au niveau des process et des arbitrages quotidiens, en amont de la prise de contact du client. Une PME qui ne fait pas de la satisfaction client un critère de décision partagé par l’ensemble de ses collaborateurs oublie nécessairement certains éléments, ce qui s’avère préjudiciable pour l’expérience globale.
  • L’évaluation des performances sans action correctrice : mettre en place des indicateurs de satisfaction est un bon réflexe, mais s’en contenter sans en tirer de conclusions concrètes annihile les bénéfices de cette approche. Les résultats obtenus, surtout s’ils ne sont pas à la hauteur des attentes, appellent à des ajustements précis pour améliorer la situation.
  • Le traitement de l’expérience client comme un projet plutôt que comme une pratique : beaucoup de PME lancent des initiatives autour de la relation client, obtiennent des résultats encourageants, puis laissent les efforts se diluer au fil du temps. L’expérience client doit impérativement être un point de vigilance constant pour garantir sa qualité et sa continuité.

B. Feuille de route en 4 étapes pour une PME

1. Cartographier le parcours client actuel et identifier les irritants

Avant de chercher des améliorations, il est essentiel de savoir ce que le client vit à chaque étape de sa relation avec la PME. Il faut pour cela cartographier l’ensemble du parcours client, de sa première prise de contact au service après-vente, pour repérer les points de friction, les temps d’attente excessifs, les ruptures dans la communication ou les étapes sources d’insatisfaction.

2. Définir sa promesse d’expérience client

Après avoir identifié les problèmes et les irritants, l’entreprise peut formuler ce qu’elle souhaite que ses clients vivent et ressentent à chaque interaction. Cette promesse doit correspondre à l’ADN de la PME, c’est-à-dire ses valeurs, son positionnement et sa façon d’incarner sa marque, mais aussi être réaliste au regard de ses ressources. Elle devient le fil directeur de toutes les décisions qui suivront, et le critère d’évaluation de la qualité de service.

3. Choisir et déployer les bons outils

Il est ensuite possible de sélectionner les outils qui correspondent véritablement aux besoins, tels qu’un CRM pour centraliser la connaissance client, des fonctionnalités de selfcare pour réduire le volume de demandes simples, et des dispositifs de mesure de la satisfaction pour un suivi rigoureux des résultats. Le déploiement de ces solutions doit être progressif afin de laisser aux équipes le temps de se les approprier.

4. Embarquer toutes les équipes autour de la culture client

Chaque collaborateur, quel que soit son rôle, contribue à la qualité globale de l’expérience. Il faut donc faire de la satisfaction client une cause commune à toute l’entreprise, ce qui induit des formations, une communication régulière sur les résultats, ainsi qu’une véritable exemplarité en termes de management.

FAQ

Pourquoi l’expérience client est-elle stratégique pour une PME ?

Pour une PME, l’expérience client est l’un des rares leviers de différenciation qui n’est pas lié à la taille ou au budget de l’entreprise. Elle agit sur la fidélisation, la réputation, et la perception de la valeur. Une PME reconnue pour la qualité de sa relation client peut pratiquer des tarifs supérieurs à ses concurrents, bénéficier d’un bouche-à-oreille positif sans investissement marketing supplémentaire, et construire une base de clients solide et pérenne.

Quels sont les avantages d’une PME par rapport à un grand groupe en matière d’expérience client ?

Les PME disposent d’atouts structurels que les grands groupes ne peuvent pas reproduire facilement :

  • Leur agilité décisionnelle leur permet d’ajuster rapidement leurs pratiques face à une insatisfaction ou à une nouvelle attente client ;
  • Leur proximité avec les clients soutient la création de relations de confiance authentiques ;
  • Leur taille réduite facilite la cohérence du ton et du service sur l’ensemble des canaux.

Alors que les grandes structures doivent investir massivement pour recréer de la proximité, les PME en font preuve et en bénéficient naturellement.

Quel outil de relation client choisir quand on est une PME ?

Le bon outil pour une PME est celui qui répond à trois critères :

  • La simplicité de prise en main, pour une adoption rapide par les équipes ;
  • La dimension collaborative, pour que l’ensemble des collaborateurs partagent le même niveau d’information sur chaque client ;
  • L’évolutivité, pour que la solution puisse accompagner la croissance de l’entreprise sans nécessiter de refonte complète.

Combien coûte une stratégie d’expérience client pour une PME ?

Il n’existe pas de budget type, car une stratégie d’expérience client se construit selon les priorités et les ressources de chaque entreprise. Certaines actions sont peu coûteuses et produisent des effets rapides, comme la formation des équipes aux bonnes pratiques relationnelles. D’autres impliquent un investissement plus conséquent, comme le déploiement d’un CRM. La bonne réflexion à avoir est davantage de savoir ce que coûte l’absence de stratégie d’expérience client, que ce soit en termes d’attrition, d’insatisfaction non détectée, ou d’opportunités manquées.

Comment mesurer la qualité de l’expérience client dans une PME ?

Plusieurs indicateurs permettent à une PME de suivre la qualité de son expérience client sans dispositif complexe, à l’instar du taux de satisfaction client (CSAT), du Net Promoter Score, du taux de résolution au premier contact ou encore du délai de réponse moyen. Suivre ces KPI régulièrement permet d’identifier les points de friction et d’ajuster les pratiques en conséquence.