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19/10/2017

L’offre hôtelière française en 4 graphiques

Pour ce dernier billet avant notre pause estivale, je vous invite à un petit voyage dans l’offre hôtelière française à travers 4 graphiques qui permettent d’en comprendre l’évolution depuis 30 ans. C’est peu dire que c’est un sujet important dans un pays qui, malgré les aléas et toutes les critiques qu’on peut lui faire sur la médiocrité de sa qualité d’accueil, reste la première destination touristique mondiale : en 2016, l’Hexagone a reçu 83,2 millions de touristes étrangers, un nombre en repli par rapport à 2015 (84,5 millions) à cause des attentats. Juste pour mémoire, ils n’étaient 77,2 millions en 2000. On se félicite de cette attractivité, sans oublier que les Français font eux aussi du tourisme en France et même beaucoup ! Ce sont même principalement eux qui font tourner l’hôtellerie de tourisme en totalisant 63,5% des nuitées commercialisées (en 2015). En tombant sur ce pourcentage (dans le Memento du Tourisme 2016), j’ai eu envie d’en savoir un plus sur les types d’hébergements proposés en France et la manière dont l’offre avait évolué. MKG Consulting, cabinet spécialisé dans l’hôtellerie et le tourisme, m’a fourni des réponses dont certaines m’ont étonnée et que je partage avec vous.

Le boom hôtelier est loin derrière nous…

La structure actuelle du parc hôtelier français s’est mise en place dans les années 1984-1994, avec une forte augmentation de l’offre de chambres, principalement tirée par les chaînes hôtelières qui arrivent avec de nouveaux concepts. Par exemple, c’est en 1985 que le groupe Accor crée la marque Formule 1, pas la plus glamour mais résolument nouvelle… Au cours de cette période, 156 000 chambres ont été ouvertes, contre seulement 34 000 entre 1995 et 2008.  Sans surprise, la crise de 2008 met fin à cette longue période de croissance — si bien qu’entre 2009 et 2014, on perd environ 30 000 chambres. La reprise observée en 2015 nous ramène au volume d’offre de 2001.

Offre hôtelière_évolution_30ans

Les hôtels indépendants représentent la majorité de l’offre

C’est l’information qui m’a le plus étonnée : j’aurais soutenu mordicus que les chaînes représentaient depuis longtemps l’essentiel de l’offre hôtelière française. Le graphique ci-dessous montre de manière frappante que ce n’est pas le cas : en 2015 l’offre indépendante représente encore 54,28 % (contre 87,23 % il y a 30 ans !). Le graphique met aussi en évidence le rôle déterminant des chaînes dans l’augmentation de l’offre hôtelière nationale avec un nombre de chambres multiplié par 4,8 en 30 ans. On pense évidemment en premier lieu à Accor et à ses multiples marques qui totalisent 143 162 chambres (au 25/07/2016), soit près de 50 % de l’offre non-indépendante (48,3 % pour être précis).

Offre hôtelière_évolution_chaînes vs indépendants_

L’offre globale d’hébergement « marchand » stagne !

Eh oui ! On oublie que l’hôtel est loin d’être le seul mode d’hébergement possible ! Si l’on cumule toutes les possibilités — résidences hôtelières, villages vacances, auberges de jeunesse, meublés de tourisme, campings et hôtels — les hôtels représentent un peu moins d’un tiers de l’offre totale. Et cela fait dix ans que le total reste peu ou prou au même niveau, en deçà de 2 millions d’unités. La seule chose qui ressorte sur ce troisième graphique, c’est l’augmentation de l’offre en résidence hôtelière (en orange foncé) favorisée par les mesures de défiscalisation de ces dernières années.

Offre hébergement France

Hébergement « alternatif » : la grande remise en cause du secteur

La faible évolution de l’offre « traditionnelle » vole en éclat depuis 5 ans avec la mise brutale sur le marché d’une offre alternative : celle des particuliers louant via des plateformes comme Abritel et Airbnb, ce dernier concurrençant directement les hôtels en zone urbaine dans le monde entier et ayant un impact problématique sur la vocation et les prix des logements disponibles dans le centre des villes très touristiques. C’est ce qui a conduit la ville de Paris à chercher à réguler ces location meublées de courte durée et à voter, le 4 juillet 2017 et à l’unanimité, une obligation d’enregistrement pour toute personne désirant louer son appartement sur une plateforme.

Part Alternatif ds offre totale

Il faut dire que l’explosion de cette offre est vraiment spectaculaire et que, règlementation ou pas, ce n’est probablement qu’un début. On comprend que les hôteliers cherchent les moyens de ne pas se faire dévorer et réagissent de manière constructive. C’est le cas d’Accor qui en février 2017 à dévoilé de nouvelles orientations stratégiques : une diversification vers le « private rental », la location d’appartements plutôt haut de gamme avec services hôteliers, et le développement d’une « conciergerie mondiale », c’est-à-dire un ensemble de services de proximité s’adressant aux clients des hôtels et, ce qui est plus novateur, à la communauté gravitant autour des 4 000 hôtels sous enseignes Accor dans le monde. John Paul, leader mondial de la conciergerie racheté par Accor en 2016, sera le maître d’œuvre de ce deuxième axe de diversification. En d’autres termes, la carte que joue notre champion de l’hôtellerie est celle de la différenciation par le niveau de service et la qualité de l’expérience humaine — précisément ce que recherchent les innombrables adeptes d’Airbnb…

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