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24/09/2018

Les vacances connectées des Français

Des vacances connectées, sinon rien ? Ben oui, les Français sont de leur temps ! Et en 2018, être de son temps, c’est forcément être connecté au monde via son smartphone, où qu’on aille et en permanence. D’après un sondage Next Content pour Expedia, opportunément dévoilé en ce début de vacances estivales, 86 % des  Français ne conçoivent pas de partir en vacances sans leur smartphone. Et un smartphone, on est d’accord : ça peut éventuellement servir à téléphoner, mais ça n’a d’intérêt que si on peut se connecter facilement à internet, où qu’on soit, même en voyage au bout du monde. C’est vrai quoi, comment on fait sans smartphone pour commander les pizzas ou les sushis ? Comment on fait pour trouver le musée, l’hôtel ou le point de départ de la randonnée ? Comment on fait pour compter les 10 000 pas qu’on s’est promis de faire tous les jours ? Comment on meuble les temps d’attente à l’aéroport si on n’a pas de smartphone ? Et comment on fait pour joindre son assurance en cas de pépin à 500 ou 10 000 km de chez soi ? Non vraiment, il faut être totalement inconscient et irresponsable pour partir en vacances sans smartphone !

Vacances connectées, même en vol…

Les avions étaient, jusqu’à une date récente, les seuls endroits où l’on se résignait encore à peu près à ne pas être connecté. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne. D’après le sondage précité, la possibilité de se connecter pendant le vol est désormais une priorité pour 35 % de nos compatriotes. Plus on est jeune et plus le vol est long, plus cela paraît indispensable ! Cela passe tout de même après le confort et l’espace au niveau du siège ainsi qu’après la qualité de la restauration, mais cela signifie qu’il nous paraîtra bientôt aussi incongru de voyager dans un avion où il n’y a pas de Wifi que de réserver une chambre dans un hôtel où le Wifi est payant (je vous jure que ça existe encore, et pas que dans les pays en développement…).

En 2015, les compagnies aériennes misaient déjà sur le wifi à bord pour augmenter leurs revenus. De fait, sur les appareils où il est disponible, le wifi est majoritairement payant et quand on lit que la moitié des 18-24 ans sont prêts à payer de 15 à 20 euros pour avoir du haut débit en illimité sur les vols de plus de 5 heures, on se dit qu’elles auraient bien tort de ne pas en profiter.

Qu’est-ce que le passager qui part en vacances y gagne ? Personnellement, je n’ai pas la réponse et il se trouve que je survis très bien à un vol long courrier sans me connecter, et sans même en ressentir le besoin. Ce que les compagnies et les fournisseurs de services y gagnent est en revanche évident. Voici ce que déclarait en 2015 un VP de Global Eagle Entertainment, société spécialisée dans la fourniture de services de connectivité à bord :

« Nulle part ailleurs dans le monde, on ne peut avoir cette audience captive, où l’on sait tout des personnes qui sont à bord et donc quels types de publicités leur proposer.« 

Ça a au moins le mérite d’être clair ! Et en plus, nous sommes prêts à payer pour ça !

Des vacances connectées, pour quoi faire ?

A part nous faire bombarder de publicités ultra-ciblées dans l’avion et partout où nous allons grâce à la magie de la géolocalisation, pourquoi tenons-nous tant à être connectés alors que nous sommes en vacances ? Eh bien, c’est pour « partager ». Partager quoi ? Des « contenus », bien sûr ! Et principalement sur Facebook qui, même après le soi-disant scandale Cambridge Analytica, semble encore avoir de beaux jours devant lui :Il y a quelques temps, une autre étude nous apprenait que nous choisissions désormais nos lieux de villégiature selon des critères de photogénie et qu’une nouvelle pratique frappait les millenials : le « travel bragging » ou « la frime en voyage ». Elle consiste à récolter le plus de compliments en postant des photos de vacances sur les réseaux sociaux. 11% des millenials interrogés affirmaient choisir leur hôtel en fonction des publications qu’ils pourront poster sur Instagram pour « frimer ». Pour les hôtels, c’est de la pub gratuite, toujours bienvenue, et un système de recommandation qui a fait ses preuves.

Des vacances connectées… pour le boulot !!!

Alors que nous voyons majoritairement les vacances comme un temps de déconnexion, nous tenons à rester connectés pendant les vacances pour des raisons professionnelles. 33,5 % des actifs seraient dans ce cas et ils seraient 27 % à culpabiliser de ne pas être joignables par leur entreprise ou leurs clients alors qu’ils sont en pleine séance d’accrobranche (promesse inconsidérément faite aux enfants et qu’il faut bien tenir) ou en train de déguster un somptueux plateau de fruits de mer (photographié et instamment posté sur Instagram, cela va de soi).

Nous ferions partie des champions du monde du « blurring« , c’est-à-dire du brouillage, du fait de nos modes de vie de plus en plus connectés, de la frontière censée séparer vie professionnelle et vie privée. Et vous savez quoi ? Je trouve très drôle que les salariés français, les seuls au monde à bénéficier officiellement d’un « droit à la déconnexion », depuis janvier 2017, se sentent obligés de répondre à des sollicitations professionnelles alors qu’ils sont en vacances. Encore un paradoxe français ! Pour y remédier, je ne vois qu’une solution : la « digital détox » obligatoire et intégrale… Il se dit que c’est très-très-très dur à vivre, mais qu’on a l’impression de renaître. L’avantage, c’est qu’après, on peut partager cette fabuleuse expérience sur les réseau sociaux, tout en bénéficiant de la précieuse assistance des GAFAM pour ne pas retomber dans nos pratiques de surconsommation digitale. Alors, elle est pas belle la vie ?

 

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