Blog

Commerce C2C, une tendance de fond ?

17 décembre 2013

 

On sait que chaque année, juste après les fêtes, les sites de vente entre particuliers ou « C2C » – en écho à B2C et à B2B – connaissent un pic de fréquentation : on ne cache plus au fond d’un placard les cadeaux non désirés… on les revend sans attendre pour s’en débarrasser ou pour transformer en cash ce qu’on possède en double ou dont on n’a pas vraiment besoin… La tendance dépasse largement la période des fêtes : selon une étude récente (TNS-La Poste), 51% des Français ont déjà revendu des objets sur Internet ou dans le cadre d’un vide-grenier et 48% ont déjà acheté des produits d’occasion via ces mêmes « canaux ». Une tendance que les commerçants traditionnels n’ont pas vraiment vu venir, que le web a favorisée et que la crise a considérablement amplifiée...

Un énorme marché de l’occasion

Ce commerce C2C, longtemps cantonnés aux journaux de petites annonces et à la vitrine du boulanger, prospère comme jamais grâce à une multitude de sites, spécialisés ou non. eBay a ouvert la danse en 1995, avec le succès que l’on sait. Amazon a été le premier à ouvrir sa plate-forme aux vendeurs de livres d'occasion. Tous les autres ont suivi, jouant la synergie avec leur offre de produits neufs et se rémunérant par une commission sur les transactions. On peut absolument tout vendre et tout acheter en C2C sur Internet : de l’objet d’art ou de collection « certifié » aux assiettes à dessert de la tante Amélie, en passant par les vêtements vintage, la poussette du petit dernier, les armoires (normandes ou Ikea…) et force appareils électroménagers et électroniques de deuxième ou troisième main – sans oublier des portées entières de chiots ou de chatons, avec ou sans pedigree…

Champion du genre, le boncoin.fr figure parmi les sites de commerce les plus fréquentés de France avec pas moins de 17,4 millions de visiteurs par mois (source médiamétrie - mars 2013). Sa force ? la simplicité et la dimension  locale, parce qu’on veut bien acheter des trucs d’occasion mais pas traverser la moitié du pays pour aller les voir et les récupérer…

Vertu du voisinage et considérations économiques

Comme le soulignait Jean-Marc Vittori dans cet article :

« Dans l'ancien temps, on apprenait par le bouche-à-oreille que le cousin de Georges, qui habite le village d'à côté, avait un cheval à vendre. Aujourd'hui, on le découvre sur Internet. Contrairement au concurrent eBay, qui promet de trouver l'objet rêvé à l'autre bout du monde, Leboncoin rouvre le champ du voisinage. »

Il faudrait être passablement naïf pour croire que c’est par militantisme écolo et pour donner une seconde vie aux objets que tant de gens vendent et achètent des produits d’occasion. L’enquête précitée montre que les pratiques dites de « commerce collaboratif », dont le C2C n’est qu’un aspect, sont avant tout motivées par des considérations relatives au pouvoir d’achat : 63% des adeptes s'y prêtent parce que « c’est moins cher » et 55% parce que c’est le moyen de « trouver de bons plans et de bonnes affaires ».

Ces chiffres confirment une étude du Crédoc sur la deuxième vie des objets, réalisée en 2011 qui dressait le palmarès des objets les plus achetés d'occasion, empruntés ou loués : outre les voitures, systématiquement revendues, les vélos sont achetés d'occasion dans 25% des cas ; les livres et les DVD dans 33%. En revanche, les articles de sport, objets de décoration et surtout, les ordinateurs et le matériel de bricolage ou de jardinage, font, comme les téléphones portables, fréquemment l’objet d’un abandon pur et simple ou d’un stockage sans recyclage...

Ce contenu vous a plu ?

Inscrivez-vous à notre newsletter