Blog

Amazon Prime Now livre en 1 heure. And so what ?

30 mars 2016

-

Quand j’ai entendu parler d’Amazon Prime Now, j’avoue que j'ai d’abord dit waouh !

L’idée d’être livrée en 1 heure max, y compris pour les produits frais, m’a paru le top du top. On ne peut que saluer la performance logistique – et d’ailleurs, chacun y est allé de son petit test (voir ici, ici, ici, ici) histoire de vérifier qu’Amazon Prime Now tenait bien sa principale promesse. Du reste, j’en soupçonne plus d’un d’avoir secrètement espéré prendre le quasi irréprochable Amazon en défaut sur ce coup-là... Il y a bien dû y avoir quelques ratés chronométriques, mais d’après les papiers que j’ai pu lire, tout le monde semble avoir été livré en moins d’une heure. Et en plus, tous soulignent que les produits sont sensiblement moins chers ! Trop fort, Amazon !

Et si c’était juste absurde ?

Et puis, quand l’équipe parisienne d’easiware a décidé de tester, elle aussi, le nouveau service, « juste pour voir, juste pour le fun », l’absurdité de la chose m’a sauté aux yeux ! Pour ceux qui ne le savent pas, notre bocal parisien se trouve dans le 17ème arrondissement. A moins de 5 minutes de marche, on peut trouver quasiment tout ce qu’on veut en matière de commerce – tant alimentaire (sans oublier les traiteurs, les bars et les restaurants), que non alimentaire. Pourquoi commander en ligne et attendre une heure qu’on vous livre ce que vous pouvez procurer tout de suite au coin de rue ? Avouez que cela n’a pas de sens !

Qu’est-ce qui pourrait justifier, dans un environnement commercial aussi dense que celui de Paris, que je passe par Amazon Prime Now ? De quels produits pourrais-je avoir besoin si subitement et de manière tellement urgente qu’il faille absolument me les livrer dans l’heure ? A part un médicament dont ma vie ou celle de quelqu’un d’autre dépendrait – et qu’Amazon Prime Now ne pourrait de toute façon pas fournir… J’ai beau chercher, je ne trouve pas… Peut-être un frigo désespérément vide un dimanche matin ? Même pas : il y a des marchés et plein de magasins ouverts le dimanche à Paris… Ah ! si, j’ai trouvé : une télé qui rend définitivement l’âme un dimanche, deux heures avant la finale de l’euro de foot, alors que vous avez invité plein de copains à venir voir le match chez vous… A part ça ? Je ne vois pas.

Et pourtant, Amazon Prime Now va avoir du succès

Je n’en doute pas une seconde ! Le seul fait de savoir qu’il est possible de se faire livrer en heure une barquette de fraises, un pack de yaourt, le dernier bouquin de je ne sais qui ou quoi que ce soit d’autre va pousser un certain nombre de gens -- probablement déjà abonnés à Amazon Premium -- à utiliser ce nouveau service : les imprévoyants, les distraits, les toujours pressés, les sur-occupés chroniques, les impatients, les allergiques aux grandes surfaces ou à l’idée même de shopping… Dans la population parisienne, cela fait pas mal de monde ! Donc, Amazon Prime Now va marcher et s’inscrire dans le paysage et les modes de vie d’une partie de la population. Si bien que la livraison en une heure 7j/7 – qui nous apparaît encore comme une performance ou un avantage – va s’imposer comme la nouvelle norme sur laquelle tous les commerçants devront s’aligner.

Amazon, champion du service ou de la création d’exigences ?

C’est une des spécialités d’Amazon de faire bouger les lignes et d’imposer de nouveaux standards. Même si j’en bénéficie, je ne peux m’empêcher de penser qu’Amazon est vraiment très fort pour nous fabriquer de toutes pièces de nouveaux besoins et de nouvelles exigences. Par exemple, je tique de plus en plus quand un site e-commerce m’annonce un délai de livraison de 5 jours, même si mon achat n’a aucun caractère d’urgence. Autre exemple, je n’achète pas volontiers sur les sites où les retours ne sont pas gratuits…

Qui sait si, dans quelques mois, je ne ferai pas partie des gens qui trouveront inconcevable que leur commande ne puisse pas être livrée en une heure ? Et, quelques mois plus tard encore, de ceux qui trouveront totalement normal que ce soit possible aussi la nuit ? Car la livraison de tout en 1 heure, 7j/7 et 24h/24 est probablement la prochaine étape, surtout si les robots-livreurs s’en mêlent. Pour les drones, il faudra attendre encore un peu mais les robots-livreurs -- qui ne rechignent pas à travailler la nuit, eux -- sont déjà en cours de test à Londres, Berne et Dusseldorf.

Pour l’instant, je n’arrive pas à m’en réjouir. A vrai dire, je trouve ça franchement déprimant de voir un être humain sourire à un robot. Alors, comme c’est enfin l’été à Paris, je savoure le plaisir d’aller au marché, de flâner entre les étals, de remplir mon panier de fruits et de légumes que je peux choisir… Du temps et de l'énergie perdus, diront certains. Pour moi, c’est plutôt du bonheur gagné – enfin, quand le panier n’est pas trop lourd ;-)

Ce contenu vous a plu ?

Inscrivez-vous à notre newsletter